Quelques informations sur les Rencontres des 24, 25 et 26 avril 2009

Éditos des deux Présidents de cette édition

« Pendant longtemps, ingénu, j’ai rêvé de l’intégration de la littérature francophone dans la littérature française. Avec le temps, je me suis aperçu que je me trompais d’analyse. La littérature francophone est un grand ensemble dont les tentacules enlacent plusieurs continents. La littérature française est une littérature nationale. C’est à elle d’entrer dans ce grand ensemble francophone. Il ne faut pas faire l’erreur de considérer la francophonie comme le prolongement de la politique étrangère de la France. Il n’y a pas d’un côté la grande soeur française qui serait la source de toute littérature et de l’autre les pauvres filles orphelines de la francophonie. Soyons sérieux, en dehors du fameux prestige des Proust, Zola et Montesquieu que la France utilise pour se bomber les pectoraux, que serait la littérature française sans l’apport d’Ahmadou Kourouma, de Réjean Ducharme et du reste de la francophonie ? Ce serait catastrophique ! Ce ne serait rien ! Elle en serait réduite au nombrilisme du Quartier latin. Pour que sa littérature reste en vie, il va falloir que la France se conçoive elle même comme faisant partie du grand espace francophone. »
Alain Mabanckou

« Je pense que si je ne vivais pas en exil, je n’aurais pas écrit les romans que j’ai écrits. Je ne sais pas ce qui m’aurait inspiré. Quel serait mon état d’esprit ? Je ne sais vraiment pas. Si je peux m’évader du thème cubain quand j’écris une pièce de théâtre, je n’arrive pas à obtenir cette liberté d’inspiration dès lors qu’il s’agit d’un roman. Quand le général Batista a réalisé son coup d’état militaire à Cuba en mars de 1952, je faisais des études de théâtre à Paris. J’ai pris la décision de changer de langue pour « m’obliger » à ne pas retourner dans un pays qui subissait une dictature. J’avais écrit quelques poèmes en anglais mais je n’avais aucune envie d’aller vivre aux États-Unis où l’hystérie anti-communiste de Mac Carthy menaçait de transformer ce grand pays en une zone soumise au fascisme le plus abject. J’avais fait des études en Italie, j’adorais ce pays et j’avais déjà écrit des textes en italien, mais, faisant partie de la compagnie de mime de Jacques Lecoq et habitant Paris, j’ai décidé de choisir le français comme langue d’expression littéraire. Parfois, au cours d’une foire du livre, les auteurs « francophones » partagent un repas ensemble et la même question revient sans cesse. « S’il fallait tout recommencer, tu choisirais d’écrire en français ? » Ma réponse est toujours la même : « Oui. J’ai choisi la France comme pays d’accueil et le français comme langue d’expression. C’est une histoire d’amour, un choix fort. »
Eduardo Manet




 

 Les tables rondes

Les tables rondes réunissent des auteurs invités (voir les auteurs invités) à venir débattre du rapport qu'ils entretiennent avec la langue française. Elles sont animées par Jean-Antoine Loiseau, directeur éditorial des Rencontres. Elles ont lieu sous un chapiteau attenant à la Salle polyvalente. Cette année, la table ronde du dimanche est exceptionnellement organisée par la Société des Gens De Lettres et animée par Sylvestre Clancier.

Les vendredi 24, samedi 25 et dimanche 26 avril - Entrée libre
  consulter l'agenda

 Les rencontres d'auteurs

Animées par Alain Leygonie, auteur et président de l’Association Toulouse-écrivains francophones, et Jean-Antoine Loiseau, directeur éditorial des Rencontres. Un moyen d'approcher une oeuvre que l'on connaît ou que l'on souhaite découvrir, un espace de parole privilégié entre l'écrivain et le lecteur.

Du vendredi 24 au dimanche 26 avril - Entrée libre
  consulter l'agenda

 Plan d'accès

Accès possible par
le métro station jolimont
puis le bus n°72 (arrêt Aérostiers Marqueille)